Les Troubles Anxieux

Les troubles anxieux constituent un ensemble de troubles psychiatriques en rapport avec une anxiété anormale et/ou excessive. Ces troubles anxieux sont fréquents: leur prévalence sur 12 mois est de 17,2% et concernent plus les femmes que les hommes.

Les personnes atteintes de trouble anxieux sont sujettes à une anxiété excessive et persistante qui affecte sérieusement leur qualité de vie.

Quelles sont les différents types de troubles anxieux ?

De point de vue clinique, nous distinguons généralement cinq grands types de troubles anxieux :

  1. Trouble panique (TP)

Le trouble panique est fréquent : il touche 1,5 à 5% de la population générale, ce trouble intéresse beaucoup plus les femmes que les hommes (3 femmes pour un homme).

Généralement, ce trouble débute à l’âge jeune entre 15 et 25 ans.

Le patient présente des crises d’angoisse avec crainte et malaise qui sont bien délimitées dans le temps (10 à 30 minutes en moyenne) que nous appelons des attaques de panique. Durant l’attaque de panique le patient ressent divers symptômes : palpitation; transpiration ; impression d’étouffement ou de « souffle coupé » ; sensation d’étranglement ; douleur ou oppression thoracique ; nausée ou douleur abdominale ; vertiges ou impression d’évanouissement ; frissons ou bouffées de chaleur ; tremblements ; paresthésie; déréalisation ou dépersonnalisation ; ces crises sont accompagnés d’une peur de perdre le contrôle sur soi ou de devenir fou ou de mourir.

le diagnostic de trouble panique repose sur l’association d’attaques de panique récurrentes et inattendues, d’une crainte persistante d’avoir d’autres attaques de panique et de préoccupations concernant l’origine probable ou les conséquences possibles de ces attaques de panique.

  1. Les phobies

La phobie spécifique est une peur marquée et persistante d’objets ou de situations.

Bien que cette peur soit reconnue par le sujet phobique comme irrationnelle, elle entraîne le plus souvent un évitement conscient de l’objet ou de la situation.

Cette phobie peut être du type : animal, environnement naturel (tonnerre, hauteurs, eau…), sang-injection ou situationnel (avion, endroits clos, conduite automobile…).

La prévalence sur la vie des phobies spécifiques est de 11%, Elles touchent 2 femmes pour 1 homme. L’âge moyen de début  de la phobie type environnement et type sang est de 5 à 9 ans, de la phobie situationnelle est de 20 ans.

La phobie sociale est une peur marquée des situations sociales dans lesquelles un sentiment de gène peut survenir. Il existe, en fait, une crainte excessive d’être observé et jugé par autrui ou d’agir de façon humiliante devant les autres. Exp : parler et manger en public, assister à des soirées, écrire devant les autres, démarrer et soutenir une conversation, parler au téléphone devant les autres…

La prévalence sur la vie est de 3 à 13%. L’âge moyen du début est de 10 ans avec parfois des formes précoces vers l’âge de 5 ans.

L’agoraphobie

L’agoraphobie a une fréquence de 0,6% à 6% sur la vie entière. 50 à 75% des agoraphobes présenteraient aussi un TP.

Il s’agit d’une anxiété liée au fait de se retrouver dans des endroits ou des situations d’où il peut être difficile de s’échapper ou dans les quelles on pourrait ne pas trouver de secours en cas d’attaque de panique. Le sujet agoraphobe va se sentir anxieux ou va éviter les espaces publics, les marchés, les grandes surfaces, les ponts, les tunnels, les files d’attentes et les grands boulevards. Quand il se retrouve dans un théâtre pour un spectacle ou dans une mosquée pour faire la prière, il choisira de manière quasi-systématique la dernière rangé, côté porte.

  1. Trouble obsessionnel et compulsif (TOC)

La prévalence sur la vie du TOC est de 2-3%. Les garçons sont plus touchés pendant l’adolescence. Ce trouble se déclenche généralement vers l’âge de 20 ans.

C’est la survenu d’obsessions (Pensées, impulsions ou représentations récurrentes et persistantes, ressenties comme intrusives et inappropriées et entraînant une anxiété ou une détresse importante) ou de compulsions (comportements ou actes mentaux répétitifs que le sujet se sent poussé à accomplir en réponse à une obsession ou selon certaines règles qui doivent être appliquées de manière inflexible) récurrentes et suffisamment sévères pour entraîner une perte de temps considérable, une souffrance cliniquement significative ou une altération de la vie socioprofessionnelle.

Les personnes souffrant de ce trouble peuvent avoir des idées obsédantes concernant la propreté et développent ainsi des rituels incessants de lavage (surtout des mains), comme elles peuvent avoir des doutes sur ce qu’elles viennent de faire et développer alors des rituels de vérification (robinet de gaz, robinets d’eau, la porte, les fenêtres…). Plus rarement, elles présentent des images obscènes (images pornographiques ou incestueuses) ou des impulsions répréhensibles (insulter dieu, tuer ses enfants…). Dans ces dernières descriptions cliniques, il s’agit toujours de craintes et de peurs qui ne sont jamais suivies d’actes réels.

  1. Trouble Anxiété Généralisée (TAG)

La prévalence sur la vie du TAG est de 45% ; le TAG touche surtout les femmes. 50 à 90% des cas associent un autre trouble anxieux ou de l’humeur.

Anxiété permanente et chronique secondaire à des préoccupations et des soucis excessifs que le sujet a du mal à atténuer ou à arrêter. Le moindre évènement ou indice de la vie de tous les jours devient une source de soucis excessifs (un petit retard du mari, le bruit d’une sirène dans la rue, un petit déficit budgétaire, une fièvre chez son enfant…). Les personnes ayant un TAG souffrent souvent d’un tableau fait de tendance facile à la colère, de troubles de l’attention, de trous de mémoire, de fatigue chronique, de tension musculaire, de multiples douleurs corporelles et par moment d’insomnie.

  1. L’état de stress post-traumatique (ESPT)

L’état de stress post-traumatique est un état se caractérisant par le développement de symptômes spécifiques faisant suite à l’exposition à un événement traumatique dans un contexte de mort, de menaces de mort, de blessures graves ou d’agression sexuelle.

La prévalence sur la vie est de 1 à 3%. Le tableau clinique est fait de symptômes de répétition (souvenirs envahissants et désagréable de l’évènement traumatique, cauchemars, feedbacks..), de comportements d’évitement (du lieu du traumatisme, des personnes qui étaient présentes, de tout indice qui rappelle le traumatisme…) et de symptômes neurovégétatifs excessifs (réactions de sursaut, humeur colérique, trous de mémoire, tension musculaire quasi-permanente…).

Quel est le traitement des troubles anxieux ?

Le traitement des troubles anxieux repose sur des interventions médicamenteuses et/ou psychologiques.

Plusieurs médicaments sont reconnus pour leur efficacité contre l’anxiété, en particulier les antidépresseurs qui constituent le traitement de fond, à savoir les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN).

Du fait du risque de dépendance, les benzodiazépines doivent être prescrites de façon temporaire (idéalement pas plus de 2 à 3 semaines). L’initiation comme l’arrêt du traitement doivent être supervisés par le médecin.

La thérapie cognitive et comportementale est la thérapie qui a été la plus étudiée dans le traitement des troubles anxieux. Elle a montre son efficacité dans tous ces troubles notamment dans toutes les phobies, dans le trouble panique et dans le trouble obsessionnel-compulsifs. En se concentrant sur les facteurs qui causent et maintiennent l’anxiété et en donnant au patient des outils de gestion de leur anxiété, ce type de thérapie se montre efficace de façon rapide et durable (18 à 16 séances de 45 minutes en général).

DR. Badii Amamou